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Retraite, santé, chômage, famille, logement, minima sociaux, aides publiques… Les prestations et dispositifs concernés par la fraude aux prestations sociales couvrent un champ particulièrement large. Leur juste distribution implique à la fois de veiller à la conformité des demandes et de renforcer la lutte contre la fraude sociale.
Mais renforcer les contrôles ne signifie pas nécessairement les multiplier. Comment mieux cibler les vérifications pour détecter les situations à risque tout en préservant la fluidité des parcours des usagers de bonne foi ? Cet équilibre entre sécurité et qualité de service est au cœur des enjeux des opérateurs publics.
La transformation numérique simplifie l’accès aux prestations et aux aides, mais elle fait aussi évoluer les risques auxquels sont confrontés les acteurs publics.
Fraude de processus, fraude documentaire, falsification de documents ou usurpation d’identité peuvent notamment se combiner et rendre certaines tentatives de fraude plus complexes à identifier.
Face à cette évolution, la réponse ne consiste pas nécessairement à multiplier indistinctement les vérifications à chaque étape. L’enjeu est plutôt de positionner les contrôles au bon endroit et au bon niveau, en fonction des risques identifiés. Une approche ciblée permet ainsi de renforcer la sécurisation des demandes sans transformer les démarches administratives en parcours d’obstacles pour l’ensemble des usagers.
Mieux lutter contre la fraude, c’est concentrer les contrôles sur les situations qui nécessitent une vérification approfondie, sans alourdir les démarches pour l’ensemble des usagers.
Les contrôles de cohérence, la vérification des informations et l’identification de signaux pouvant indiquer une anomalie permettent de concentrer les efforts sur les dossiers qui le nécessitent réellement.
Cette approche contribue à poursuivre deux objectifs complémentaires : renforcer la lutte contre la fraude sociale et préserver la qualité du service rendu.
Pour les opérateurs publics, il ne s’agit donc plus seulement de se demander combien de contrôles réaliser, mais quels contrôles effectuer, à quel moment et sur quelles situations.
Le contrôle documentaire, l’intelligence artificielle et l’expertise humaine peuvent intervenir de manière complémentaire dans la vérification des demandes. Les outils automatisés peuvent notamment faciliter l’extraction d’informations contenues dans les documents, effectuer certains contrôles de cohérence ou contribuer à identifier des éléments susceptibles de révéler une falsification. L’automatisation permet ainsi de traiter certaines vérifications à grande échelle. L’expertise humaine conserve toutefois une place essentielle pour analyser les alertes et les situations nécessitant un examen complémentaire. L’enjeu n’est donc pas d’opposer technologie et intervention humaine, mais d’associer leurs capacités afin de concentrer l’effort de contrôle sur les situations qui le nécessitent réellement.
La lutte contre la fraude doit également intégrer un autre impératif : ne pas pénaliser les usagers de bonne foi par des démarches inutilement complexes. En ciblant davantage les vérifications et en automatisant les contrôles qui peuvent l’être, les opérateurs peuvent réserver les analyses approfondies aux dossiers présentant des anomalies ou nécessitant une expertise complémentaire. Cette logique permet de rechercher un équilibre entre deux exigences : sécuriser l’attribution des prestations sociales et maintenir des parcours simples et fluides. Contrôler mieux plutôt que contrôler systématiquement davantage devient alors un levier permettant de concilier prévention de la fraude, efficacité opérationnelle et qualité de service.
Dans cette interview réalisée avec Acteurs Publics, Jean-Christian Valette revient sur les enjeux liés aux demandes de prestations et d’aides, l’évolution des risques de fraude et les réponses permettant de concilier vérification de la conformité et fluidité des processus. Il explique notamment comment mieux positionner les contrôles et articuler technologies de vérification et expertise humaine pour concentrer les efforts sur les situations qui nécessitent une analyse approfondie.
🎥 Découvrez l’interview : « Fraude sociale : comment contrôler mieux plutôt que contrôler plus ? »
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