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Le premier rapport de l’Observatoire (2025) avait posé un diagnostic quantitatif : plus de 65 milliards d’euros de pertes annuelles, une hausse de 244 % des fraudes numériques et un Français sur dix déclarant avoir déjà utilisé un faux document. Un an plus tard, les indicateurs se sont aggravés sur l’ensemble des secteurs.
Le constat central de ce deuxième rapport est clair : les organisations ne sont plus seulement confrontées à de faux documents, mais à des dossiers complets mêlant pièces authentiques, déclarations trompeuses et identités réelles ou détournées. La fraude se déplace progressivement du document vers le processus lui-même. La frontière entre fraude documentaire et fraude au processus est devenue poreuse. C’est précisément cette porosité que les fraudeurs exploitent.
Au-delà des spécificités sectorielles, quatre constats traversent l’ensemble des témoignages recueillis auprès d’experts de terrain indépendants de Tessi.
Le rapport consacre un focus spécifique à l’IA générative. Les chiffres attestent d’une progression réelle : 32 % des fraudeurs ayant falsifié un document déclarent avoir utilisé l’IA générative, et les fraudes numériques représentent désormais 57 % du total. Pour autant, les experts interrogés nuancent le discours ambiant : l’IA facilite certaines manipulations, accélère certaines étapes et abaisse la barrière technique, mais ne remplace ni le fraudeur ni l’organisation du schéma frauduleux. Les documents générés présentent encore des artefacts détectables et comme le résume un des experts du rapport : « l’IA est un auxiliaire pour le fraudeur, pas un faussaire autonome ».
Face à cette évolution, le rapport documente également les réponses en cours de structuration : le cadre réglementaire (eIDAS II, wallet européen, attestations d’attributs), la coopération intersectorielle (Stop Fraudes dans la rénovation énergétique, circulaires ALFA en assurance, registre européen des IBAN frauduleux opérationnel depuis mai 2026), les technologies de détection (analyse documentaire automatisée, scoring prédictif, analyse comportementale) et la formation des équipes.
L’objectif n’est plus seulement de détecter les faux documents, mais de renforcer des mécanismes de confiance capables de sécuriser l’identité, les justificatifs et les processus dans leur ensemble.
Ce deuxième rapport adopte une méthodologie différente du premier. Il s’appuie sur des entretiens approfondis avec des experts de terrain indépendants de Tessi, issus de secteurs complémentaires : santé et protection sociale, banque et moyens de paiement, assurance (IARD, santé, prévoyance), rénovation énergétique, droit du numérique, droit des assurances, formation à la détection. Leurs témoignages, restitués sous forme de questions-réponses et validés par chaque contributeur, constituent le cœur du rapport. Les experts sollicités n’entretiennent pas de relation d’affaires avec Tessi et s’expriment au titre de leur seule expertise sectorielle.
Les témoignages recueillis ont été complétés par l’analyse de données issues de sources institutionnelles et d’études sectorielles récentes : ALFA (bilan 2024), Cnam (bilan avril 2026), Selvitys/Finovox (2026), Neoli (avril 2026), 2025 Identity Fraud Report, Signicat (2024), Innovation Assurance (2025).
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